dimanche 27 octobre 2013

Fabrication d'enceintes murales

Avoir un salon c'est super, pouvoir mettre de la bonne musique dedans c'est encore mieux.

Mais comment faire pour avoir du bon matériel, un prix raisonnable et un look bien déterminé? Les faire soi-même bien entendu!

Atohm Furtive 1.1


Un choix cornélien

Mon cahier des charges initial était:
1/ fournir une très bonne image sonore
2/ être fixée sur un mur
3/ de faible profondeur de préférence

J'ai donc commencé mes recherches par tout ce qui s'appelle "in-wall" et me suis rapidement aperçu que le compromis sur la qualité sonore était trop important.
Est venu ensuite la piste des "on-wall", là on a nettement plus de choix et à plusieurs gammes de prix mais si l'on cherche de la qualité le montant flambait immédiatement.

C'est à ce moment que j'ai commencé à me dire: "et pourquoi tu ne te les fabriquerais pas toi même?" (Combien de fois je peux la dire a ma bien-aimée cette phrase, à son plus grand désarroi)
Bon, un petit tour sur un excellent site m'a rapidement conforté dans mon impression que l'audio est bien une science à part entière. Me lancer au pifomètre dans l'aventure après m'être acheté deux haut-parleurs me semblait être la meilleure solution pour obtenir un son proche d'un bassin pour poissons rouges.
C'est à ce moment que j'ai découvert les kits sur un excellent forum. Après avoir rapidement fait le tour mon cahier des charges en main, il est apparu que le kit Atohm Furtive avait des retours très satisfaisant. Un petit tour sur internet pour trouver un revendeur près de chez moi et me voilà chez "la maison du haut-parleur" pour écouter ces HPs et passer la commande dans la foulée.

Des plans à l'écoute

Après une bonne session sketchup pour obtenir ce que je voulais (consensus WAF aussi), je me suis lancé sur les plans suivants.

Plans Sketchup

L'avantage d'un kit HP est que le constructeur fourni generallement un plan de ce qu'il préconise. Dans mon cas, n'ayant pas réellement besoin d'un volume interne pour des basses, je pouvais me permettre de jouer un peu avec pour l'adapter à mon goût (je n'ai pas inventé la roue et me suis fortement inspiré de la version "commerciale").

Un assemblage simple

Techniquement l'usinage du MDF et son assemblage ne présentent pas de grosses difficultés si on est un tant soi peu à l'aise avec une défonceuse et une scie circulaire.

On commence par découper les différents éléments qui constitueront les caissons (l'idéal étant de faire toutes les pièces biseautées d'un coup pour ne pas dérégler l'inclinaison de la scie).
Utilisez une fausse équerre pour reporter les angles des biseaux sur les pièces des flancs, cela sera plus précis qu'un relevé d'angle au rapporteur.

Ensuite vient l'étape d'usinage des emplacements de haut-parleurs, pour cela rien ne vaut un petit accessoire de défonceuse : la newbinette.

L'assemblage est fait avec des lamelles de 20 (10 aurait été plus adapté mais j'en avais tout un stock) et de la colle à bois.
Une fois bien sèche, j'ai rattrapé les petits défauts au rabot de paume et au papier abrasif.


Enfin un bon ponçage au papier 80 puis 150 et enfin 240 pour obtenir des surfaces lisses, égales et sans marques.


Tout est bon pour passer à la finition !

Une finition semée d'embûches

Là a été ma plus grosse déconvenue. Cette étape qui ne devait me prendre que 3-4 heures m'a finalement occupé quelques 10 heures ! Cela à cause de mauvais choix que je vais m'efforcer de retracer ici pour ne pas les refaire une prochaine fois mais aussi, sait on jamais, pour que d'autres ne tombent pas dans les même pièges.

Mon idée initiale était de combler les petits défaut d'assemblage à la résine, de réaliser un poncage soigneux puis de passer directement une peinture spéciale bois (Seigneurie Texwood) en plusieurs couches.
Malheureusement, après trois couches, force a été de constater que les lignes de collage ainsi que les tranches (à distinguer des plats) de mes panneaux de MDF restaient visibles. Certainement à cause du fait que ce type de matériaux bois énormément et que la tranche accentue cette tendance.
Toujours était-il que le résultat n'était pas celui que je cherchais. Il m'a fallu alors faire un choix douloureux (surtout en terme de temps) : remettre mes caissons à blanc (poncer toute la peinture) afin d'appliquer sur l'ensemble de la résine époxy.


J'ai découvert cette piste grâce un fil de discussion et je dois avouer que le résultat final est à la hauteur.
L'idée est simple : on applique une première couche de résine très liquide pour saturer le MDF et bloquer le phénomène "éponge" puis on enrobe les parties non planes (tranches essentiellement) avec une résine plus pâteuse (mastic) appliquée au couteau de carrossier.

Pour ce faire, et sur les excellents conseils de la société REAL Composites, je me suis équipé de deux références :
L'application de la résine ne présente aucun soucis particulier. J'ai réaliser deux couches, une première avec 2 volumes d'eau pour 1 de résine et un de durcisseur, puis une deuxième avec 1E/1R/1D.
Le produit obtenu s'applique au pinceau à peinture acrylique, le seul piège étant les goutes si on s'amuse à en mettre des tonnes.

Celle du mastic en revanche demande un petit coup de main (que je n'ai pas encore complètement attrapé) sous peine de devoir... poncer.
Le seul conseil que je peux donner c'est de ne pas hésiter à mettre une couche épaisse (1mm), le produit, une fois sec, se ponce très bien et ainsi on est sur de ne plus avoir les problèmes rencontrés plus haut (sic!).
Concernant le nombre de couches, je n'en ai mis qu'une.

Une fois ce "résinage" terminé nous revoilà revenu au point de la mise en peinture et je vous rassure tout de suite, plus de mauvaise surprises ensuite :)

J'ai donc appliqué 3 couches de la peinture grise que j'avais sélectionnée au pistolet à peinture (la petite station HVLP que je me suis offerte récemment), en m'appliquant à bien poncer aux grains 150 puis 240 entre chaque passage et ai finalement obtenu le résultat escompté !

Conclusion

Au bout du compte je suis assez content de moi et visiblement les remarques du style "c'est toi qui les a faites ? Je croyais que tu les avais achetées comme ça..." ou encore "oui, bon tu as acheté les caissons et les haut-parleurs puis tu les as assemblés; pas de quoi casser trois pattes à un canard" doivent vouloir dire que la finition est au niveau de ce qui se fait dans le commerce :)

En tous cas l'ensemble m'a coûté moins cher qu'une paire d'enceinte toutes faites, le son est de très bonne qualité et je suis fier de moi.

Bref, je recommencerais pour le caisson de basses une fois que j'aurais avancé sur les 40 autres chantiers en cours dans la maison et pour lesquelles je suis très attendu (oui oui chérie, j'arrive !).

Les enceintes finies !

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